jeudi 25 novembre 2010

LE PORTIER

TOBY au boulot
À la porte de chez moi, au garde-à-vous, le regard pas très allumé vit mon vieux chat immortel. Il a 102 ans. Toby ne fait rien d'autres que de me regarder vivre ce que j'appelle une vie. Ce n'est pas qu'il est un peu aéré côté cerveau mais il ne semble jamais être là où je suis au moment ou je crois être à quelque part.Je m'explique. Combien de fois la sueur au front le crayon sur l'oreille le balai dans une main et une pile de papier dans l'autre n'ai-je pas battu la semelle de mon jardin à ma chambre du bureau au bureau de poste,sous le regard vague de mon Raminagrobis, Bouddha paresseux, qui ne désire de moi qu'une caresse au passage. Vague le regard? Pas tant que ça,il m'arrive parfois de m'apercevoir la mèche en bataille le teint blafard la joue molle et grise la lèvre craquelée et en désespoir de cause renoncer tout-à-fait au monde et à ses tentations, because le constat très décevant qu'il n'y a plus rien à faire pour moi. Ses mirettes sont des miroirs et m'y voir un désespoir.Au travers ses yeux dorés je me regarde me regarder et je désespère, lorsque je n'en peux plus je me glisse dans sa fourrure sombre et plaquée contre son gros ventre de bouillotte je ronronne en lissant mes tifs et je me mets à observer l'observateur.
Vu d'ici rien à cirer, vu de là, à la porte de ton imaginaire,vit un vieux chat qui au garde-à-vous, le regard vague et doré te sourit et t'observe l'observer.

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