jeudi 18 novembre 2010

POTINSPOINTAU

J'habiterai ce coin de Montréal encore quelques semaines. Je me souviens de Marie-France Bazzo qui ignorait même le nom, dérision dans la voix, de cette ancienne ville annexée aujourd'hui à la métropole et qui décline tout doucement maintenant (pas Bazzo) coulant lentement vers le fleuve qui pourtant la borde. Pointe-aux-Trembles zone grise maintenant, berceau de matière grise jadis, je pense au collège Roussin, je pense au couvent des religieuses, au pensionnat à l'aréna...l'aréna détruite, les religieuses mettent leur magnifiques bâtiments à vendre, on fermera la vieille église et on a sacré les frères dehors (je suis d'accord avec ça cependant). Avant le village du centre-ville il y a eu le village de Pointe-aux-Trembles. Ce beau coin de Montréal maintenant décati et boudé cache un fleuve magnifique et d'irréductibles marchands tenaces malgré tout. Un quartier moribond pourtant si riche qui profiterait aux artistes et créateurs. Enclavé entre le bruit et la platitude,cette ancienne petite ville (vendue aux pétrolières) entre le centre-ville et la banlieue s'étiole tout doucement. Et moi je quitte ce quartier où je me suis réfugiée il y a 30 ans, je le quitte parce que je me suis retrouvée ailleurs en marchant ma ville. Je me colle à moi enfin.
CHARLY de Pointeau
Tôt ou tard tu te retrouves face à quelqu'un qui te ressemble et c'est cette rencontre avec toi-même qui te frappe de plein fouet, ou tu te choisis et tu t'adoptes ou tu passes à côté parce que tu suis les bouts imbéciles de tes souliers qui chaussent l'insupportable toi-même.
Humains ambulants marchant la terre à la recherche de ses propres traces.
Ainsi causait Charly.

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